Après un cycle olympique contrasté et l’arrivée d’une nouvelle gouvernance, la Fédération française de gymnastique a engagé une refonte de sa politique de haut-niveau. Gaël Meyer, nommé Directeur technique national en mai 2025, et Christophe Lambert, directeur de la performance, détaillent les axes de cette nouvelle stratégie, fondée sur l’individualisation des parcours, un accompagnement renforcé des athlètes et une ambition renouvelée à l’approche du cycle olympique menant à Los Angeles 2028.

Spot Gym : Depuis vos prises de fonction, quelle est la philosophie de la nouvelle politique de performance ? Comment s’articule-t-elle ?

Gaël Meyer, DTN : Ma nomination en mai 2025 s’est inscrite dans une continuité, puisque Karine Charlier, qui assurait l’intérim, avait déjà engagé un travail important avec Christophe Lambert. Ils avaient repris contact avec les gymnastes et les structures afin de préparer la suite. À mon arrivée, la priorité a été de produire un nouveau Projet de performance fédérale, le PPF, dans un délai très court, afin de pouvoir le transmettre au ministère des Sports.

Ce travail nous a permis de réaliser un état des lieux complet du haut niveau français. Nous avons déposé en novembre 2025 un PPF dit “de transition”, qui a permis à la fois de réaffirmer notre organisation avec les Pôles Espoir, les Pôles France et les dispositifs régionaux d’accession (DRA), et de revoir certains critères, notamment les conditions d’inscription des gymnastes sur les listes de haut niveau et les bases de leur reconnaissance en fonction de leurs performances.

Vous évoquez un PPF de transition, un autre PPF va donc être présenté ?

Gaël Meyer : Oui, ce PPF de transition a constitué une première étape. En parallèle, des audits ont été menés, notamment par l’Agence nationale du sport et le CDES de Limoges. Leurs conclusions viennent en grande partie confirmer l’orientation stratégique que nous souhaitons prendre et qui permettront d’élaborer un avenant à ce PPF de transition.

Cette orientation peut se résumer simplement, nous voulons sortir d’une logique centrée uniquement sur les structures pour aller vers une logique de parcours. L’objectif est de placer davantage le gymnaste au cœur du dispositif et de construire des trajectoires de performance adaptées à chacun. Concrètement, cela passe par la mise en place de projets de performance individualisés, les PPI. Ils permettront d’identifier précisément les besoins de chaque athlète, qu’ils soient techniques, mentaux, physiques ou liés à leur environnement, afin de mettre en place un accompagnement ciblé et cohérent.

Pour porter cette nouvelle approche, nous avons également réorganisé la direction technique. J’ai souhaité créer un poste de directeur de la performance, occupé par Christophe Lambert, qui travaille en lien direct avec les entraîneurs nationaux. Nous avons désormais un entraîneur national dans chaque discipline, chargé de piloter l’ensemble de la filière, des seniors jusqu’aux catégories avenirs. Autour d’eux, l’organisation s’appuie sur des référents pour les secteurs juniors, des experts dédiés au haut niveau senior, ainsi que des responsables du programme d’accession sportive (PAS), davantage orientés vers la détection, la formation et l’accompagnement vers l’excellence.

Nous sommes aujourd’hui dans une phase de transition, mais tout ce que nous mettons en place vise à construire un système de performance rénové, plus lisible, plus individualisé et plus efficace.

Christophe Lambert, directeur de la performance : Nous avons analysé un certain nombre de problématiques sur les cycles précédents. L’une d’elles était l’absence d’un directeur de la performance pleinement identifié, au contact à la fois des entraîneurs nationaux et des athlètes. Ce rôle est essentiel pour mettre en œuvre la politique de performance, structurer le fonctionnement des collectifs et clarifier les modalités de sélection. Il manquait parfois de lisibilité et certains athlètes ne percevaient pas clairement quel était leur chemin de performance.

Un autre point qui nous est apparu comme un manque important concernait l’accompagnement socio-professionnel. Jusqu’à présent, il n’y avait pas de personne entièrement dédiée à cette mission. Or un athlète, ce n’est pas seulement la gymnastique, c’est aussi son cadre de vie, sa formation, ses ressources et la manière dont il construit son avenir. C’est un élément déterminant de la performance.

Gaël Meyer : L’une des premières décisions a donc été de recruter une référente à temps plein pour le suivi socio-professionnel. Cette mission existait auparavant, mais elle était intégrée à d’autres fonctions. Nous avons estimé qu’elle devait devenir une priorité à part entière. Avec près de 400 gymnastes inscrits sur les listes de haut niveau, répartis dans plusieurs disciplines et structures, il était indispensable de renforcer cet accompagnement.

« L’objectif n’est plus d’imposer un modèle unique mais de construire le bon environnement autour de l’athlète »

Ce qui conforte votre volonté d’individualiser les parcours ?

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