Originaire de La Teste-de-Buch, sur le bassin d’Arcachon, Ainhoa Gatuingt-Fabre a récemment découvert l’équipe de France junior à l’occasion de la DTB Pokal de Stuttgart. Une première sélection en Bleu pour la gymnaste née en 2011 qui poursuit sa progression avec autant de discrétion que de rigueur. Portrait.

Il y a des rencontres qui changent le cours d’une vie. D’une carrière. Celle entre Ainhoa Gatuingt-Fabre et Manon Michel en fait partie. Lorsqu’il y a 5 ans, Manon Michel arrive à La Teste en provenance du pôle de Marseille pour entraîner, Ainhoa Gatuingt-Fabre était certainement loin de se douter du chemin qu’elle s’apprêtait à emprunter.
L’histoire commence pourtant simplement. À 6 ans, Ainhoa pousse les portes du club de La Teste. « Avant, j’avais essayé la danse mais ça ne m’a pas plu » , confie-t-elle. C’est alors qu’elle décide de s’inscrire à la gym, « et là, j’ai tout de suite adoré » , sourit-elle timidement. Pendant deux ans, elle pratique la gymnastique en loisirs, découvrant pas à pas un sport qui la passionne déjà, sans que tout ne s’emballe encore. Tout change juste après, avec l’arrivée de Manon Michel. À partir de là, le rythme s’est accéléré, les journées se sont densifiées et les ambitions ont pris forme saison après saison. « Quand je suis arrivée, elle ne savait même pas faire la bascule aux barres », raconte Manon Michel. « Elle n’avait même pas de maniques par exemple. Quand on en parle aujourd’hui, on en rigole. » L’image fait sourire aujourd’hui, tant la suite a pris une toute autre ampleur. Car, finalement, elles ont tout construit ensemble.
En seulement un an, Ainhoa passe déjà un premier cap. La métamorphose est même impressionnante. Physiquement d’abord, techniquement ensuite, mentalement surtout. « Elle s’est métamorphosée » , lance la coach. Un mot qui revient naturellement. Comme si quelque chose s’était enclenché d’un seul coup, ou plutôt comme si toutes les conditions s’étaient alignées pour révéler ce qui était déjà là : un potentiel qui ne cherchait qu’à éclore, avec, déjà, les fondations d’une rigueur faite pour le haut-niveau.
Exigeante avec elle même, son entraîneuse doit parfois la freiner, lui rappelant que tout ne peut pas être parfait en permanence. « Parfois, c’est moi qui doit lui dire stop, parce que sinon elle n’arrêterait pas tant qu’elle considère que ce n’est pas encore parfait » , éclaire la coach. Mais pour Ainhoa, cette rigueur est un moteur. C’est elle qui explique d’ailleurs en grande partie son évolution. Semaines après semaines, les éléments se sont enchaînés sur les agrès, les programme se sont étoffés et les objectifs ont changé. Et là où il y avait encore des bases fragiles quelques mois plus tôt s’est installé alors progressivement une gymnastique solide.
Marches après marches
Une ascension progressive, faite d’une succession d’étapes franchies les unes après les autres. « Il y avait d’autres gymnastes du club qui avaient commencé avec moi en même temps qu’Ainho, et qui avaient d’ailleurs un meilleur niveau qu’elle, mais elles n’ont pas adhéré au projet et au rythme d’entraînement, contrairement à Ainho qui a tout de suite montré qu’elle en voulait » , se souvient Manon Michel.
Vous souhaitez lire la suite de cet article Premium ?
Déjà abonné ? Je me connecte ci-dessous.
Pas encore abonné ? Je m'abonne pour 2,99€/mois.





