Quatrième du concours général après un saut compliqué, Kaylia Nemour a terminé ses Championnats du monde de Rotterdam avec deux titres, aux barres asymétriques et à la poutre. L’Algérienne revient pour Spot Gym sur une semaine riche en émotions, le travail mené en amont et les ressources qu’elle a su trouver pour rebondir.

Après sa quatrième place au concours général, Kaylia Nemour a été sacrée aux barres et à la poutre. Photo Maxime Curnillon / Spot Gym

 

À Rotterdam, Kaylia Nemour a traversé des émotions contrastées, poussant le curseur d’une extrême à l’autre. Il y a eu la déception, d’abord. Celle de voir s’éloigner, dès le premier agrès de la finale du concours général, une médaille pour laquelle elle avait travaillé toute l’année. Il y a eu la remontée, ensuite, jusqu’à cette quatrième place, à seulement 0,034 point du bronze. Une remontée qui n’aura toutefois pas suffi à essuyer les larmes. Puis sont venus les sourires. Ceux des deux mondiaux titres mondiaux.

Mais les finales n’ont pas commencé comme elle l’aurait espéré. “Je ne vais pas mentir, c’est dur” , confie-t-elle à propos de sa quatrième place au concours général, alors qu’elle avait terminé première des qualifications, la médaille devenant alors de plus en plus concrète. “Mais je pense que dans la vie, tout arrive pour une bonne raison, donc ce n’était juste pas le bon moment pour moi. Et le fait d’avoir gagné deux finales les jours suivants me le prouve. J’étais prête. Simplement, cela n’a pas marché cette fois-ci. Je vais continuer à travailler dur pour le concours général.”

Une préparation pensée pour les quatre agrès

Avant d’entrer sur la scène de Rotterdam Ahoy, Kaylia Nemour avait rejoint les Pays-Bas dès le 9 octobre, avec le reste de l’équipe d’Algérie, pour un stage à Amsterdam. Une expérience différente de celle vécue l’année précédente. “Toute la première partie, je l’ai faite avec l’équipe et c’était une première pour moi” , raconte la gymnaste qui, jusqu’alors avait été habituée à participer aux compétitions uniquement en individuel. Des moments partagés qui lui ont aussi permis de retrouver une dynamique de groupe avant l’entrée en compétition. “Cela lui faisait du bien d’avoir des conversations avec des filles de son âge et de ne pas être seule” , souligne Nadia Massé, son entraîneuse. Mais cette préparation collective demandait aussi de composer avec des rythmes différents. Entre Kaylia et ses coéquipières, les volumes d’entraînement, les conditions physiques et les objectifs n’étaient pas les mêmes. Une préparation à deux vitesses qu’il a fallu gérer pour permettre à chacune d’arriver prête à Rotterdam.

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