Photo IMAGO / Spot Gym

Vice-champion du monde junior aux arçons l’an dernier à Manille, Leeroy Traoré-Malatre découvre les Mondiaux seniors à Rotterdam, dès sa première saison dans la catégorie. Au lendemain de l’entraînement podium et à deux jours des qualifications, le Français revient avec beaucoup de sympathie et de spontanéité, sur sa préparation, ses premières sensations et ses ambitions, individuelles comme collectives.

Spot Gym : L’entraînement podium s’est déroulé hier (mercredi), comment s’est-il passé ? 

Leeroy Traoré-Malatre : Tout s’est bien passé. J’ai bien pris mes marques et je suis satisfait ce que j’ai produit. J’ai pu me libérer sur les agrès, les sensations étaient bonnes, c’était un bon podium training.

Collectivement, comment as-tu senti l’équipe ?

C’était un bon entraînement podium pour toute l’équipe. Nous nous sommes tous bien adaptés aux agrès et chacun a pris ses marques. L’ambiance est très bonne, il y a une vraie cohésion. À force de nous retrouver en stage, on se connaît très bien et on connaît les mouvements de chacun. Toute cette préparation nous a permis de passer beaucoup de temps ensemble. On est prêts à vivre cette expérience mondiale tous ensemble.

Quelles ont été tes sensations sur les agrès ? Par rapport au matériel notamment ? 

Nous avons commencé par le saut, notre premier agrès, et je l’ai bien aimé. Ça m’a tout de suite mis en confiance. Les barres parallèles et la barre fixe sont bien aussi. Le sol est un peu plus dur que ce que je pensais mais ça s’est bien déroulé. Aux arçons, c’était plutôt pas mal et aux anneaux, ça ne change pas trop de d’habitude. Globalement, j’ai bien aimé les agrès. J’ai eu de bonnes sensations.

Comment s’est passée ta préparation pour ces Mondiaux ? 

Elle s’est très bien passée. Forcément, la fatigue commence à s’accumuler, car la préparation a débuté il y a un moment, avec les Championnats de France élite qui servaient déjà de tests, mais je me sens bien. Je suis motivé et serein. Et puis notre préparation a été adapté par rapport à notre heure de passage aux qualifications. Comme on passe dans la première subdivision, notre rythme a été adapté avec des entraînements tôt le matin. Il fallait être à la salle dès 8h. Les deux premiers jours, ça piquait un peu (Rires). On n’avait pas l’habitude de s’entraîner si tôt. Donc au début, l’énergie n’était pas la même. En plus, on commençait par le saut, donc il fallait tout de suite se mettre dedans. Mais grâce à cette préparation, on est maintenant habitués et on n’y prête plus attention. Pendant l’entraînement podium hier, l’horaire n’a eu aucune incidence sur notre état de forme, notre énergie. Quand tu es dedans, tu es dedans.

Il y a un an, tu disputais les Mondiaux juniors à Manille, aujourd’hui, tu participes à tes premiers Championnats du monde seniors, comment vis-tu cette transition ? 

Je trouve ça gratifiant. Il y a un an je remportais une médaille aux arçons aux Championnats du monde junior, c’était déjà incroyable. Là, pour ma première année senior, je remporte les Championnats de France au concours général. C’est une vraie fierté pour moi. Ensuite, j’ai pu intégrer le collectif, puis l’équipe pour les Championnats d’Europe, aujourd’hui je participe aux Championnats du monde. Quand je regarde mon parcours, je ressens de la fierté par rapport à tout le chemin parcouru.

Leeroy Traoré-Malatre, vice-champion du monde junior aux arçons en novembre 2025. Photo World Gymnastics

 

Que représente cette médaille d’argent remportée aux arçons il y a un an à Manille ? 

C’était un aboutissement… surtout que c’était ma dernière compétition chez les juniors, donc c’était un peu le bouquet final. Je remportais une médaille mondiale avant de passer chez les seniors, c’était une très belle manière de terminer mes années junior. Je pouvais difficilement espérer mieux. J’étais vraiment fier de remporter cette médaille. Mais maintenant, je remets les compteurs à zéro ! Je suis chez les seniors, il faut refaire ses preuves. Et puis les seniors, c’est un autre monde. Même si pendant l’entraînement podium ça restait un entraînement, on sent qu’on n’est plus dans la même cour qu’avant.

Ces premiers Mondiaux seniors génèrent-il plus de stress ? Plus de pression ? 

Pas forcément non. Déjà ça reste une compétition, donc ça sert à rien de se mettre une pression supplémentaire. Par contre, il y a quand même une excitation qui est différente ! Ce sont mes premiers Championnats du monde seniors ! J’ai vraiment hâte d’être à samedi. Très hâte !

Justement, vous avez eu votre entraînement podium mercredi, votre compétition débute samedi, on imagine que l’attente est longue entre les deux ? Comment vous la gérez ? 

Oui c’est vrai que l’attente est un peu longue. Ça y est, on a envie d’y être ! On a envie d’être à samedi. Mais je fais en sorte de prendre du plaisir à l’entraînement en attendant, de ne pas me mettre la pression, et avec l’équipe on passe du temps tous ensemble sur notre temps libre, on joue aux cartes, on se change les idées. Mais c’est certains qu’on est tous très impatients d’être à samedi.

Cet été, tu as participé aux Championnats d’Europe, à Zagreb, ta première grande compétition internationale, quel regard portes-tu sur ta compétition ? 

Ils sont arrivés dans une période où les préparations s’enchaînaient et où la fatigue commençait à se faire sentir. La compétition a donc été assez compliquée pour moi, mais malgré cela, je garde un bon souvenir de cette première grande expérience internationale en senior.

La pression, comment tu la gères en compétition ? 

Elle me booste. La pression et l’adrénaline m’apportent ce petit supplément d’énergie en compétition. Je la prend vraiment de manière positive.

La compétition étant à Rotterdam, tes proches viendront-ils te voir ? 

Oui mes parents vont venir. Ils étaient déjà là aux Championnats d’Europe Zagreb et il y aura mon petit frère et des amis aussi. Ça me fait plaisir qu’ils soient là. Ça m’apporte quelque chose en plus. C’est important pour moi de les avoir à mes côtés.

Quels sont tes objectifs sur ces Mondiaux de Rotterdam ? 

L’objectif principal, c’est de terminer dans les huit premières équipes pour accéder à la finale. C’est notre priorité. Individuellement, si je peux décrocher une finale au concours général, ce serait parfait. Une finale aux arçons serait aussi très belle, mais je sais que ce sera très compliqué. Le niveau est extrêmement élevé aux arçons. Mais ce que je veux avant tout, c’est présenter un bon mouvement et laisser les choses se faire. Mais la priorité reste l’équipe, avec cette envie d’aller chercher la qualification en finale tous ensemble.

Propos recueillis par Charlotte Laroche

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