Depuis le 22 août 2026, un centre international d’entraînement accueille à Doha des gymnastes venues de plusieurs pays, dont la France, avec l’objectif de construire une équipe compétitive pour les Jeux asiatiques 2030, tout en développant la pratique locale. Le week-end dernier, une partie de la délégation a disputé sa première compétition internationale sous les couleurs du Qatar lors du tournoi international de Combs-La-Ville, l’un des plus prestigieux tournois internationaux ouverts aux gymnastes espoirs et juniors. Directeur exécutif au sein de la fédération qatarienne, Serge Van Poelvoorde, ancien entraîneur belge, détaille pour Spot Gym les ambitions et le fonctionnement du projet.

En justaucorps noir constellé de strass le samedi et toutes vêtues de blanc le dimanche, le drapeau du Qatar sur leur tenue, les Françaises Émeline Le Rouzic, Rose Marchand et Ella Karim, l’Espagnole Sophia Martin et les Américaines Brielle Iorio et Claire Ekart arboraient leurs nouvelles couleurs aux côtés de leurs entraîneurs Marc et Gina Chirilcenco, dont les polos noirs portaient en lettres rouges le nom de ce nouveau chapitre. Une première pour le Qatar au tournoi international de Combs-La-Ville, où ses effectifs étoffés lui permettaient de présenter deux équipes. Un rendez-vous qui marquait aussi les débuts internationaux de certaines gymnastes de la délégation, dans un cadre serein, où elles se savaient les bienvenues. Un dernier week-end d’octobre où les premières fois dessinaient déjà de nouveaux horizons.
Derrière cette participation se dessine un projet lancé cet été à Doha, où les gymnastes poursuivent désormais leur carrière sous la direction de Marc et Gina Chirilcenco. Après plusieurs années de différends avec la Fédération française de gymnastique, et dans un contexte marqué par des signalements et des enquêtes les concernant, le couple emblématique du club d’Avoine-Beaumont a choisi de poursuivre son parcours au Qatar au sein du centre national d’entraînement de Doha, où tous deux occupent désormais les fonctions d’entraîneurs nationaux. Des échanges débutés un an plus tôt, en novembre 2025 à Manille, en marge des Championnats du monde junior et qui ont débouché sur leur arrivée dans ce pays du golfe Persique à la fin de l’été 2026.
Mais derrière cette arrivée, il y a aussi des inquiétudes. Des interrogations. Des silences. Des rumeurs. Car toutes ces jeunes gymnastes, encore mineures, ont choisi de représenter un pays avec lequel elles n’avaient jusque-là ni histoire personnelle, ni lien familial. Un choix qui peut interpeller mais qui engage bien davantage qu’un changement de drapeau. Derrière, il y a la poursuite d’un parcours sportif, une expatriation pensée en famille et la volonté d’une fédération qui souhaite développer sa gymnastique en vue des Jeux Asiatiques 2030, organisés à domicile. Un projet dont les motivations et les contours méritent d’être expliqués.
La genèse du projet
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