La dernière journée des Championnats du monde de Rotterdam a offert de nouveaux moments forts, dimanche. Dix-neuf ans après le bronze de Cassy Vericel, Maïana Prat a ramené la France sur le podium mondial au sol. À la poutre, l’Algérienne Kaylia Nemour a décroché son deuxième titre du week-end. Chez les hommes, le Norvégien Sebastian Sponevik et le Taïwanais Chia-Hung Tang ont écrit une page d’histoire pour leur pays, tandis que le Chinois Zingyan Zou a obtenu une note stratosphérique aux barres parallèles et l’Arménien Artur Davtyan, véritable métronome au saut, a fait de sa précision la clé d’un deuxième sacre mondial.

Artur Davtyan fait parler sa précision, Sebastian Sponevik entre dans l’histoire

Au saut, le duel entre Artur Davtyan et Jake Jarman a tourné à l’avantage de l’Arménien. Le Britannique disposait pourtant d’une difficulté cumulée supérieure de quatre dixièmes avec Tsukara triple vrilles et demi (5,6) et sa Lune double avant groupé demi-tour (5,2). Avec une moyenne de 14,650 points, il imposait à son adversaire une grande précision pour espérer le dépasser. Et Artur Davtyan a été impérial. D’abord sur sa lune double avant demi-tour puis sur sa lune salto avant tendu avec deux vrilles et demi parfaitement réceptionnée. Un deuxième saut, crédité de 14,900 points et assorti d’un bonus de réception d’un dixième, et une moyenne de 14,850 points qui lui permettent de décrocher son deuxième titre mondial, après celui de 2022, et de devancer Jake Jarman de deux dixièmes de points.

La surprise est venue de Sebastian Sponevik. Déjà premier Norvégien qualifié pour une finale mondiale par agrès, le gymnaste de 21 ans a prolongé l’exploit en s’offrant une médaille de bronze (14,366 points). Un résultat historique pour la Norvège, devenant le tout premier gymnaste norvégien, hommes et femmes confondus, médaillé mondial en individuel.

Moins de réussite en revanche pour Carlos Yulo qui a chuté à la réception de son premier saut, perdant rapidement tout espoir de conserver son titre mondial, tandis que le champion d’Europe Nazar Chepurnyi a perdu des précieux points sur ses réceptions pas suffisamment maîtrisées. Il termine à seulement 0,016 points du Norvégien.

Jake Jarman, Artur Davtyan et Sebastian Sponevik. Photo Maxime Curnillon / Spot Gym

 

 

Kaylia Nemour termine en apothéose

Deux finales, deux titres. Après avoir conservé sa couronne aux barres asymétriques samedi, Kaylia Nemour est devenue championne du monde à la poutre dimanche, un an après l’argent remporté à Jakarta, devenant la seule gymnaste de ces Mondiaux à repartir avec deux titres. Première à s’élancer, elle a donné le ton avec un mouvement solide et maîtrisé. Mais le suspens a duré jusqu’au dernier passage, celui de Qingying Zhang, championne du monde en titre à cet agrès et incroyable de stabilité tout au long de la compétition. Créditée du même total que Kaylia Nemour (14,566), la Chinoise a finalement décroché l’argent, départagée par une note d’exécution inférieure. Pour sa troisième finale mondiale à la poutre, Flavia Saraiva a enfin trouvé le chemin du podium. La Brésilienne décroche le bronze avec 14,300 points.

Juste derrière, Elena Colas a livré un très beau passage, faisant preuve d’assurance et de maîtrise dans cette finale mondiale particulièrement relevée. Une prestation à saluer pour la Française de 16 ans qui, pour ses premiers Mondiaux seniors, termine une nouvelle fois à une prometteuse quatrième place, terminant devant la médaillée olympique Manila Esposito.

Kaylia Nemour, Qingying Zhang et Flavia Saraiva. Photo Maxime Curnillon / Spot Gym

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Jingyuan Zou, un cinquième sacre aux barres parallèles

Aux barres parallèles, Jingyuan Zou a une nouvelle fois imposé sa maîtrise.  Avec la note stratosphérique de 15,733 points 9,633 sur 10 en note d’exécution), le Chinois a signé la meilleure note de ces Championnats du monde, et de la saison, tous agrès confondus, décrochant son cinquième titre mondial à cet agrès. À la sortie de sa note, la réaction du Japonais Daiki Hashimoto en disait long sur l’exploit sur son adversaire venait de réaliser. “Ce résultat correspond exactement à ce que j’espérais. J’ai dû composer avec des blessures, avec le travail nécessaire pour le surmonter, et avec quelques difficultés pendant l’épreuve par équipes. Je suis donc vraiment heureux” , rapporte World Gymnastics dans son communiqué de presse.

Illia Kovtun remporte l’argent pour la Croatie (14,900). Avec une difficulté identique à celle du Chinois, il a réalisé plus de fautes d’exécution que le Chinois. Après une année 2025 sans compétition, dans l’attente de pouvoir représenter son nouveau pays à l’international, il retrouve ainsi un podium mondial. “J’ai tout donné pour réaliser une excellente prestation. Bela faisait longtemps que je n’avais pas concouru dans une grande salle. Je suis heureux d’être de retour et j’espère que la suite sera encore meilleure” , a-t-il déclaré à la presse. Le Russe Daniel Marinov décroche le bronze pour la deuxième Anne consécutive, devant les Japonais Daiki Hashimoto et Shinnosuke Oka.

Jingyuan Zou entouré d’Illia Kovtun et Daniel Marinov. Photo Maxime Curnillon / Spot Gym

 

 

Maïana Prat ramène la France sur le podium mondial au sol

Au sol, Claire Pease a conclu ses premiers Mondiaux par un titre (13,866). À 17 ans, l’Américaine devance sa compatriote Reese Esponda, deuxième avec 13,566. Derrière le doublé américain, Maïana Prat s’est offert une magnifique médaille de bronze pour ses premiers Championnats du monde seniors. Avec sa prestance artistique, ses qualités d’interprétation et un élément portant son nom (le Prat, un grand jeté pied tête tour, NDLR), la Française ramène la France sur le podium mondial du sol pour la première fois depuis Cassy Vericel en 2007. “Cette troisième place est incroyable, je ne m’y attendais pas du tout ! Je ne sais pas encore exactement comment je vais la fêter, mais je vais bien la célébrer parce qu’un résultat comme celui-ci n’arrive pas souvent dans une vie“, a-t-elle livré à la presse en zone mixte. Une médaille de bronze qui lui permet d’ouvrir son compteur de médaille mondiale à tout juste 16 ans. La Britannique Abi Martin et la Canadienne Lia-Grace Redick complètent le Top 5.

Reese Esponda, Claire Pease et Maïana Prat. Photo Maxime Curnillon / Spot Gym

 

Tang Chia-Hung offre un premier titre mondial à Chinese Tapei

À la barre fixe, Chia-Hung Tang a choisi de prendre des risques. Comme souvent en finale cette saison. En rajoutant le Cassina à son mouvement, augmentant ainsi sa difficulté de six dixièmes de points, le Taïwanais a remporté la médaille d’or (14,966), offrant à son pays son premier titre mondial en gymnastique artistique. Une consécration pour celui qui a dû surmonter une rupture du tendon d’Achille en 2023. Le champion olympique Shinnosuke Oka remporte l’argent (14,800). Premier à passer, Sergei Naidin repart avec le bronze. Une finale plus compliquée pour les Colombiens Camilo Vera et Angel Barajas qui ont tous les deux chuté sur le Liukin (tkatchev tendu vrille). Ils se classent respectivement sixième et septième (13,333).

Chia-Hung Tang entouré de Shinnosuke Oka et Sergei Naidin. Photo Maxime Curnillon / Spot Gym

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