Ses premiers Championnats d’Europe seniors à peine derrière lui, Naël Sakouhi s’apprête déjà à franchir une nouvelle étape avec les Championnats du monde. À 19 ans, l’Alsacien a su s’imposer comme l’un des meilleurs généralistes de l’équipe de France, sans jamais perdre ce qui l’accompagne depuis ses débuts : le goût du défi, le travail et une ambition assumée.

Photo IMAGO / Spot Gym

 

Dimanche 23 août, 14 heures, à Zagreb. Naël Sakouhi s’apprête à lancer la finale par équipes des Championnats d’Europe. Ici, en Croatie, il est le premier gymnaste à s’élancer, au saut. Le regard est sombre, puissant, presque magnétique. Le visage fermé. Les yeux fixés sur son agrès. Il n’y a plus grand chose autour de lui. Ni le bruit de la salle, ni l’enjeu, ni les regards. Seulement ce qui va suivre. À tout juste 19 ans, pour sa première grande compétition internationale chez les seniors, lui qui a rejoint la catégorie quelques mois plus tôt, il n’est pas de ceux que la pression écrase. Au contraire. Elle lui donne davantage de relief. “La compétition, c’est que j’aime. C’est mon moment, je donne tout à chaque fois“, sourit-il, avec l’assurance qui le caractérise tant. Une assurance sans arrogance, spontanée, presque désarmante, et si précieuse dans son histoire.

Tout commence à Kingersheim, en Alsace. Ses deux grands frères pratiquent déjà la gymnastique, sa mère aussi a elle-même été gymnaste. Il n’a que 3 ans et il découvre alors la baby gym. Le début du reste. Il accroche immédiatement. “Les acrobaties lui plaisaient, il aimait vraiment ça, il a tout de suite voulu s’entraîner plus” , se souvient sa mère, Deborah. D’abord inscrit dans un groupe loisir, il n’y restera finalement pas longtemps. Son premier entraîneur, Younesse El Hariri, repère rapidement quelque chose chez ce petit garçon qui veut déjà faire davantage. “Je l’ai rapidement pris dans mon groupe de poussins. Il avait de très belles dispositions et puis on voyait qu’il avait envie de faire plus de gym. Qu’il avait envie de se confronter aux plus grands. Il avait cette âme de compétiteur déjà à l’époque.” Ce côté compétiteur, Naël se cache pas. “Dès petit, je voulais faire du haut niveau, faire des compétitions, gagner des médailles, aller loin.” Une envie qu’il a toujours verbalisée, à l’oral, mais aussi dans les actes, à l’entraînement.

À 11 ans, cette ambition prend une forme très concrète. En 2019, il quitte Kingersheim et sa famille pour rejoindre le centre régional du Grand Est, à Tomblaine. Il entre en internat, au CREPS de Nancy, et de la sixième à la quatrième, il grandira à 3 heures de chez lui. Un départ difficile pour la maman, mais évident pour lui. “Au début, ça m’a fait peur et j’ai eu tendance à le freiner un peu. Ce n’est jamais évident pour une maman de laisser partir son enfant si jeune” , confie sa maman. Il n’a que 11 ans. Le centre est loin. Il faut financer le projet, accepter les sacrifices, apprendre à vivre avec la distance, mais Naël insiste. Et surtout, il travaille. Beaucoup. “Je voyais qu’il avait vraiment envie de partir, qu’il était fait pour ça. En le voyant aussi passionné, en voyant tout ce qu’il faisait pour y arriver, en voyant son envie et son besoin de partir tenter l’aventure, je n’avais pas le coeur à lui dire non.” Alors il part, et très vite, les résultats donnent raison à cette décision.

Un garçon qui transpire la gymnastique

Vous souhaitez lire la suite de cet article Premium ?

Déjà abonné ? Je me connecte ci-dessous.
Pas encore abonné ? Je m'abonne pour 2,99€/mois.

Article précédentGym Paris : la sélection France évolue

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'inscrire votre commentaire !
Merci d'indiquer votre nom