Chloé Jurado n’a jamais vraiment suivi une trajectoire toute tracée. Elle a changé de structure, quitté un pôle, retrouvé son entraîneure, traversé une lourde blessure et repris sa place parmi les meilleures juniors françaises. À chaque étape, la jeune gymnaste née en 2012 a avancé en écoutant ce qui lui semblait juste. À quelques jours de ses premiers championnats d’Europe, son parcours raconte autant une progression sportive qu’une étonnante capacité à savoir, déjà, où elle veut aller. Portrait découverte.

Alors qu’une partie de la Gironde était touchée par d’importants incendies, ne nous permettant de partir à sa rencontre, le rendez-vous est finalement pris par téléphone. Dès les premiers mots, Chloé Jurado, de sa voix fluette qui contraste avec l’assurance dont elle fait preuve, laisse parler sa spontanéité. Elle répond sans détour, rit souvent et se raconte avec une simplicité désarmante. Un naturel qui ressemble à son parcours, un peu atypique, construit au fil de décisions prises en se faisant confiance. En choisissant ce qui lui semblait être le plus juste pour elle. En restant fidèle à ce qu’elle voulait profondément. La première de ces grandes décisions remonte à quelques années. Chloé est encore une enfant, mais elle s’apprête déjà à faire un choix qui va changer le cours de son histoire…
Dans la petite valise qu’elle traîne derrière elle, Chloé Jurado, 9 ans, n’a pas encore eu le temps de ranger beaucoup de souvenirs. Elle a commencé la gymnastique 3 ans plus tôt, elle est jeune, très jeune, et pourtant elle a décidé de partir à plus de 600 kilomètres de chez elle pour poursuivre son rêve de haut niveau. Une histoire singulière, qui lui est propre, avec une détermination qui ne s’est pas installée avec les années, mais qui était bel et bien là avant tout le reste. Et à un âge où beaucoup apprennent encore doucement à se détacher de leurs parents, elle choisissait déjà de construire sa vie loin des siens. “Je la revois arriver avec sa petite valise” , raconte Manon Michel, son entraîneure. “Elle avait un dessin dans la main. Je m’en souviens comme si c’était hier. Elle était minuscule, mais elle était déjà hyper déterminée. Cette image me restera toujours.” Mais avant cette valise, avant La Teste, avant même que le haut niveau ne devienne un objectif, tout avait commencé beaucoup plus simplement, du côté de Martigues, où elle a d’abord grandi.
Une rencontre qui allait tout changer
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