Le retour des gymnastes russes et biélorusses dans les compétitions internationales est loin de faire l’unanimité. Si World Gymnastics a décidé de lever toutes les restrictions qui leur étaient imposées depuis 2022 et bien qu’European Gymnastics ait initialement choisi de s’aligner sur la fédération mondiale, une opposition de plusieurs fédérations européennes a finalement bloqué le processus. Explications d’un sujet qui divise.

En mai dernier, World Gymnastics annonçait la levée des restrictions imposées aux gymnastes russes et biélorusses depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Concrètement, les athlètes des deux nations peuvent désormais retrouver les compétitions internationales en équipe et sous leurs couleurs nationales, avec leur drapeau et leur hymne. Un changement majeur par rapport au statut d’athlètes neutres qui leur était jusque-là imposé. Pour justifier cette décision, World Gymnastics met en avant le principe d’égalité de traitement entre les sportifs et affirme vouloir replacer le sport au-dessus des considérations politiques.
Si cette décision s’appliquait aux compétitions organisées par World Gymnastics, elle ne s’imposait pas automatiquement à European Gymnastics. Mais le comité exécutif de la fédération européenne s’est d’abord prononcé en faveur d’un alignement sur la position de l’instance internationale, ouvrant ainsi la voie au retour des gymnastes russes et biélorusses lors des compétitions européenne, notamment les Championnats d’Europe.
Onze fédérations ont réclamé un débat
Sauf que face à cette décision, une coalition menée par la Fédération allemande de gymnastique, rejointe par 10 autres pays (l’Autriche, l’Estonie, la Suède, la Finlande, la Norvège, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, la Suisse, le Liechtenstein et le Danemark), a envoyé un recours officiel à European Gymnastics, demandant la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire. Leur objectif est clair : permettre à l’ensemble des fédérations membres de se prononcer sur un sujet qu’elles jugent particulièrement sensible, plutôt que de laisser cette responsabilité au seul comité exécutif, réclamant un débat approfondi.
Mais alors, que réclament ces fédérations ? Elles avancent plusieurs arguments. Le premier est évidemment lié à la guerre toujours en cours en Ukraine, réclamant le maintien du statut neutre des athlètes russes et biélorusses. Ils soulignent également les interrogations concernant les liens de certains sportifs avec les structures militaires russes, ainsi que les difficultés à vérifier le respect des critères de neutralité qui avaient été instaurés ces dernières années. Enfin, plusieurs fédérations dénoncent un manque de transparence dans le processus ayant conduit à la levée des restrictions par World Gymnastics.
Réunie en Assemblée générale extraordinaire virtuelle, European Gymnatics n’a finalement pas validé définitivement la proposition du comité exécutif et le vote a été repoussé. L’instance a reconnu avoir besoin de plus de temps. Une nouvelle assemblée générale se tiendra au plus tard le 3 août.




