À 17 ans, Lilly Havard s’apprête à découvrir l’équipe de France et les compétitions internationales. Licenciée à Saint-Lô, la jeune Normande vient de décrocher sa toute première sélection et s’envolera fin août pour l’Italie afin de participer aux Jeux Méditerranéens. Une nouvelle étape dans le parcours d’une gymnaste discrète, travailleuse et déterminée, qui, en six ans, a complètement changé de dimension. Portrait.

Lilly Havard à la revue d’effectifs 2024. Photo Maëlie Abadie / Spot Gym

 

Il y a des trajectoires qui se construisent dans la durée. Tranquillement mais solidement. Avec discrétion. Celle de Lilly Havard en fait partie. De nature timide et réservée, la jeune Normande n’est pas de celles qui se mettent en avant facilement. D’ailleurs, se raconter n’est pas chose aisée pour elle, alors elle laisse son travail dessiner les contours de celle qu’elle est.

Dans la salle, depuis sa Normandie natale, elle construit son histoire. Sa destinée. Avec une détermination et un sérieux qui, au fil des années, lui ont permis de gravir les échelons pour se rapprocher du haut niveau. « Ce n’est pas la gymnaste qui parle le plus, mais c’est certainement l’une de celles qui agit le plus », confie son entraîneur, Vincent Canavy. Agir pour progresser. Progresser pour avancer. Et avancer, toujours, vers ces objectifs qu’elle poursuit avec une volonté silencieuse…

Lilly Havard débute la gymnastique à Falaise, petite ville du Calvados, à l’âge de 3 ans. Sa grande soeur, Emma en faisait déjà, alors presque naturellement, elle marche dans ses pas. À cet âge-là, il n’est pas encore question de haut niveau, ni de compétitions ou de grands rêves, simplement d’une petite fille qui découvre la gymnastique, les agrès et un univers qui, sans qu’elle le sache encore, prendra finalement, quelques années plus tard, une place immense dans sa vie.

Dès les premiers mois, Lilly a envie de faire plus. « Elle n’était qu’en babygym, mais elle ne réclamait qu’une seule chose ! Elle voulait monter sur la poutre » , se souvient sa maman. Très vite son entraîneur explique à la famille que la babygym n’est pas adaptée à Lilly, il l’intègre à un autre groupe. Mais la gymnastique ne s’arrêtait déjà plus aux portes de la salle. Elle s’invitait à la maison, jusque dans son quotidien. « Elle passait son temps à regarder des vidéos de gymnastique. Elle regardait les grandes gymnastes qu’elle côtoie aujourd’hui. Et à la maison, elle était constamment sur les mains, à faire des roues ou d’autres mouvements » , sourit sa maman.

Si à Falaise, elle se familiarise avec un sport qui l’anime, arrive le jour où elle a envie de faire plus. À l’image de sa grande soeur, Emma, qu’elle voit faire de la belle gym à Saint-Lô, l’un des plus grands clubs de gymnastique, de Normandie. Lilly a observé son parcours, ses progrès, cette vie organisée autour de la gymnastique. Tout ce qu’elle convoitait finalement. Alors, à son entrée au collège, elle décide de rejoindre à son tour la section sports-études de Saint-Lô. « Je voyais que ça lui plaisait, que ça lui réussissait bien et ça m’a donné envie de suivre le même chemin » , confie la gymnaste. « Pour Lilly, venir à Saint-Lô était une évidence. Elle savait qu’elle voulait venir ici, elle l’avait dit très tôt à nos parents » , complète sa soeur.

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