
Dans un article publié par L’Équipe ce mardi, d’anciennes gymnastes de haut-niveau accusent un ancien bénévole du pôle de Saint-Etienne de viol et agression sexuelle. Les faits se seraient déroulés en 1988, lorsqu’elles étaient mineures. Trente après, elles ont décidé de prendre la parole.
« Assise à la table haute de sa cuisine, Caroline Jacquey a la voix qui tremble. Dehors, le vent froid de décembre balaie les bords du Rhône. L’ancienne gymnaste de haut-niveau fait une pause, reprend son souffle et se lance. Elle raconte cette nuit de 1988 où sa vie a basculé. Elle avait 11 ans. » , commence le journal L’Equipe dans son édition de ce mardi.
Suivent ensuite une série de témoignages glaçants de trois anciennes gymnastes qui se disent avoir été victimes ou témoins de viol et agression sexuelle de la part d’un ancien bénévole du pôle stéphanois. Elle avait 11 et 13 ans. Il en avait 47. « Dans son appartement du centre de Saint-Etienne, l’homme aurait installé les deux filles dans son lit et leur aurait expliqué qu’il dormirait sur le canapé. Mais selon Caroline Jacquey et Juliette Drahi, les choses ne se sont pas passées ainsi » , poursuit le journaliste de l’Equipe dans son article, écrit au terme de longs mois d’enquête.
Pendant la nuit, le bénévole aurait rejoint les deux jeunes filles dans le lit et des attouchements auraient eu lieu sur Caroline Jacquey, sous les yeux de Juliette Drahi, impuissante. Contactée par France Bleu, Caroline Jacquey explique se souvenir des mains du bénévole sur son corps et de sa volonté de se défendre. « Je pleurais doucement pour ne pas réveiller Juliette, je disais à Robert d’arrêter, mais il continuait. »
De son côté, Juliette Drahi se souvient de cet enfer vécu par sa camarade de pôle. À France Bleu toujours, elle explique s’être réveillée et voir Robert en train de faire quelque chose sous les draps. « Je suis sidérée, j’ai peur de mourir. »
Le lendemain, Caroline Jacquey aurait tout raconté à l’une de ses entraîneures du pôle. Malgré ce signalement rien n’est fait. Rien ne bouge. Une autre athlète, Morgane André, dénonce également les agissements de ce même bénévole et ne peut cacher sa colère face à son ancienne entraîneure qui « n’a rien fait pour nous protéger (…) et qui a fait preuve d’une grande lâcheté face à ce pédophile » , relate France Bleu.
Plus de vingt après les faits, en 2010, Caroline Jacquey décide de déposer une plainte, classée sans suite à cause de la prescription des faits. En avril 2020, Caroline Jacquey, Juliette Drahi et Morgane André décident de signaler les faits à la Fédération française de gymnastique par l’intermédiaire de l’association Colosse aux pieds d’argile. La FFG aurait ensuite transmis ces signalements au parquet de Saint-Etienne qui a classé l’affaire sans suite en juin 2020 en raison de la prescription, rapporte L’Equipe
Contacté par L’Equipe et France Bleu, l’ancien bénévole, aujourd’hui âgé de 79 ans, nie formellement les accusations. Le ministère des sports mis au courant des faits par la FFG a décidé d’ouvrir une enquête administrative, termine L’Equipe.





