Si elle avait fait un bref retour à la compétition en Top 12 en début de saison, Coline Devillard n’a plus évolué sur la scène internationale depuis les Jeux olympiques de Paris 2024. Éloignée des compétitions par une fracture du tibia et deux opérations, la multi-médaillée européenne et mondiale au saut de cheval a donné de ses nouvelles, vendredi, dans un message publié sur son compte Instagram.

Coline Devillard lors de la rencontre Top 12 entre son club de Meaux et celui de Mérignac. Photo Florian Carayon / Spot Gym

 

Deux ans. Deux longues années traversées contre vents et marées par Coline Devillard pour se relever d’une fracture du tibia contractée peu avant les Jeux Olympiques de Paris 2024. Opérée quelques mois plus tard, elle a ensuite pris le temps nécessaire pour se soigner.  De retour à la compétition à l’automne 2025, lors de la rencontre Top 12 opposant son club de Meaux à celui de Mérignac, elle s’est malheureusement fracturée un orteil pendant l’échauffement, retardant son retour, avant d’être de nouveau opérée du tibia au mois de février.

Depuis, si elle partageait ponctuellement quelques images de ses entraînements, aucune information précise ne permettait réellement d’en savoir davantage sur son état de forme. Vendredi soir, peu avant 20 heures, elle a publié un message émouvant sur son compte Instagram afin de faire le point sur sa situation. “Deux ans. J’avais besoin d’attendre. D’être sûre de mon corps. Sûre de mes sensations. Sûre que la douleur faisait enfin partie du passé avant de pouvoir affirmer certaines choses !“, commence-t-elle par écrire, avant de poursuivre : “J’ai participé aux Jeux olympiques de Paris 2024 avec une fracture au tibia. Après ça, il a fallu accepter de s’arrêter, de se faire opérer, puis de recommencer. Une première fois. Puis une deuxième.”

Une blessure au tibia pendant les Jeux olympiques qui était connue, mais sur laquelle la communication était restée particulièrement verrouillée. Lors des différents points presse organisés pendant Paris 2024, un malaise perceptible s’installait dès que son état physique était évoqué. La gymnaste rassurait en répondant que tout allait bien, tandis que le DTN de l’époque, Kevinn Rabaud, esquivait rapidement les questions relatives à sa condition physique.

Coline Devillard lors d’un point presse organisé au Club France en amont des Jeux Olympiques de Paris. Photo Charlotte Laroche

Cette blessure a pourtant laissé des traces et ouvert une période particulièrement éprouvante. “Ces deux dernières années ont été sans aucun doute les plus difficiles de ma carrière. Celles où l’on apprend que la plus grande bataille n’est pas toujours sur le terrain, mais contre la douleur, la patience et le doute“, confie-t-elle.

Désormais, la marche en avant est bel et bien enclenchée. Et le temps tempétueux a chassé les nuages pour laisser place aux éclaircies. “Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, je peux enfin dire que ça va mieux. Je retrouve un corps qui me permet de m’entraîner. Je retrouve le plaisir de bouger sans cette douleur permanente. Et surtout, je retrouve la conviction que mes plus beaux défis sont encore devant moi.”

Et devant elle, les défis ne manquent pas. Les Championnats du monde 2026 pourraient déjà permettre aux trois meilleures équipes des qualifications d’obtenir leur billet pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Les Mondiaux 2027 qualifieront ensuite neuf autres équipes. Il y aura également des Championnats d’Europe, des Coupes du monde, des Championnats de France et le Top 12. Et peut-être, en point d’orgue, les Jeux de Los Angeles 2028, avec l’espoir de refermer définitivement le chapitre de Paris 2024.

Quoi qu’il en soit, Coline Devillard est bien décidée à aborder ces deux prochaines années avec rigueur, conviction, détermination et ambition, afin de tenter d’aller chercher de nouvelles médailles.  Elle qui a déjà déroché l’or, l’argent et le bronze aux Championnats d’Europe, le bronze mondial ainsi que de nombreuses médailles en Coupe du monde, et qui est aujourd’hui la gymnaste française la plus médaillée de l’histoire au saut. “Il reste deux ans. Deux ans pour revenir à mon meilleur niveau. Deux ans pour travailler, progresser et tout donner. Je ne peux rien promettre, sauf une chose : je mettrai tout en œuvre pour ne rien regretter”, poursuit-elle, avant de conclure : “Le chapitre de la reconstruction se termine. Celui du retour commence.”

Un nouveau chapitre qu’on ne peut que lui souhaiter plus doux, plus serein et, surtout, riche en de nouvelles et belles émotions.

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