Perte d’orientation dans les airs, repères spatiaux qui disparaissent, gestes automatiques qui deviennent dangereux, le cerveau qui dit stop et se protège, mais que sont les twisties ? Décryptage d’un blocage mental ou technique, révélé au grand public par Simone Biles pendant les Jeux Olympiques de Tokyo, à l’été 2021, avec les témoignages de Laurent Landi, son entraîneur, Océane Bonvin, préparatrice mentale, et les gymnastes Lorette Charpy et Pierre Stephan.

Simone Biles s’était retirée de la finale équipe aux JO de Tokyo après son passage au saut. Photo IMAGO / ZUMA Press Wire

« Imaginez vous en train de vous jeter dans le vide et votre parachute ne s’ouvre pas« . Ces mots, ce sont ceux de l’ancienne gymnaste britannique Christina Myers au micro de la BBC en 2021. L’image parle d’elle-même et souligne l’importance de cette problématique. Car si le mot Twisties peut paraître mélodieux, le phénomène peut se révéler dangereux s’il n’est pas pris en considération. S’il n’est pas pris au sérieux.

Si les Twisties existent depuis longtemps et ne concernent pas uniquement la gymnastique, c’est aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 2021, lors de la finale du concours par équipe, que le phénomène sort de l’ombre. Simone Biles, le visage fermé, loin de la jovialité qui la caractérise habituellement, s’élance pour présenter son saut, un Amanar (un yurchenko avec deux vrilles et demi, NDLR). « Un saut qu’elle maîtrise depuis qu’elle a 12 ans« , souligne Laurent Landi, son entraîneur de l’époque. Sauf qu’en ce jour d’été, elle ne réalise qu’une vrille et demi. Personne ne comprend ce qu’il se passe, Simone elle-même semble complètement perdue. Tout le monde sent qu’il se passe quelque chose, mais quoi ?

Quelques minutes passent et les caméras la montrent en train d’annoncer à ses coéquipières qu’elle se retire de la finale. Coup de tonnerre. La nouvelle fait rapidement le tour du monde entier. Si au début personne ne connaît les raisons de ce forfait, la fédération américaine avancera d’abord un problème médical, avant que la multi-médaillée olympique révèle finalement au monde entier des difficultés liées à sa santé mentale qui ont entraîné des pertes de figure. Le terme « Twisties » est prononcé.

La confusion naît alors sur la toile car beaucoup ne savent pas de quoi il s’agit. En parallèle, la parole se libère du côté des gymnastes qui annoncent à leur tour en souffrir ou en avoir déjà souffert.

Lorette Charpy : « Ça m’a complètement bloqué en arrière »

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1 COMMENTAIRE

  1. Ce qui parait nouveau n’est qu’une ancienne histoire, combien de chercheurs se sont penchés sur cette perte de figures? faut-il rappeler à ce sujet les nombreuses thèses en neuro-sciences consacrées à cet objet? Le tout en « survolant » les entraînements des astraunautes soit de la NASA ou de l’ex URSS, où ce phénomène était loin d’être nouveau….

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