Avant d’avoir la grande carrière qu’elle a eue dans le patinage artistique, Surya Bonaly a pratiqué la gymnastique puis le tumbling à haut-niveau.

Par Charlotte Laroche et Elisa Cohen 

Surya Bonaly aux championnats du monde de tumbling en 1986. Capture d’écran YouTube

Elle a découvert la gymnastique un peu par hasard. Alors que sa mère l’emmenait pour s’inscrire dans un club de tennis, c’est finalement en gym qu’elle fera ses débuts. « Ça a commencé par une journée incroyable. Nous étions allées au centre de tennis pour m’y inscrire, mais je n’ai pas été prise, parce que j’étais trop jeune », confie-t-elle. « Nous avons repris la voiture avec ma mère qui m’a dit ‘ ce n’est pas grave on va trouver autre chose’. À quelques kilomètres plus loin, à Antibes exactement, nous sommes entrées au club de gym et ils m’ont dit : superbe, bienvenue, elle peut commencer dès aujourd’hui. »

C’est donc à l’âge de 3 ans, au club d’Antibes-Juan-Les-Pins qu’elle débute la gymnastique, avant d’intégrer le centre régional situé à quelques kilomètres de là, à Grasse, où elle est entraîné par Éric Hagard qui deviendra quelques années plus tard l’un des entraîneurs emblématiques du pôle France de Saint-Etienne. « C’est lui qui m’a enseigné toutes les bonnes valeurs et les éléments pour devenir une championne de gym et de tumbling, comme le salto arrière », explique-t-elle.

Des médailles mondiales en tumbling 
Patineuse de renom, c’est d’abord en tumbling, discipline dans laquelle elle se reconvertit après avoir pratiqué la GAF, qu’elle décroche ses premières médailles mondiales, à seulement 13 ans. Sacrée championne du monde en espoir en 1986, elle remporte également un titre de vice-championne du monde par équipe en senior aux côtés de Sandrine Vacher, Corinne Robert et Isabelle Jagueux.

 

Mais face au manque de reconnaissance qu’offre ce sport, Surya Bonaly décide finalement de se consacrer au patinage artistique. « Le tumbling était un sport qui n’était pas connu et qui m’a permis d’avoir des médailles, mais le souci, c’est que vous n’avez rien à la sortie  » , regrette-t-elle. « Il y a trente ans un gymnaste qui remportait des médailles, se faisait très vite oublier, tandis qu’aujourd’hui, les gymnastes ont le cirque du soleil pour se reconvertir par exemple. » C’est ainsi qu’elle se destine davantage pour le patinage artistique, tout en gardant toujours la gymnastique comme le marqueur fort de son style de patinage.  « La gymnastique, ça fait partie de ma vie et je pense que ça m’a donné de bonnes bases que j’ai gardées pendant longtemps », déclare-t-elle complétant, « ça m’a différenciée des autres patineuses. La gym est complémentaire avec le patinage, mais on travaille différemment, avec d’autres muscles. Ça fait un plus, un tout. Quand on fait du sport, il est important d’être solide, d’avoir des bases et des sensations différentes ». 

Voilà comment à treize ans, en 1986, la même année que ses titres de tumbling, Surya Bonaly réalise pour la première fois sur la glace un salto arrière arrivé en arabesque, un saut périlleux interdit dont elle est l’inventrice. Sa marque de fabrique. Lors de sa dernière olympiade signant sa fin de carrière, la Française se blesse à quelques jours des Jeux de Nagano, en 1998. Il était trop tard pour déclarer forfait, mais elle se dit qu’elle tenterait le tout pour le tout, c’est à dire réaliser ce salto sur la glace quoi qu’il en coûterait, et ce, même malgré la pénalité encourue. « C’était ma dernière compétition, je faisais déjà partie des vieilles. Je me suis dit ‘je sais faire le salto, pourquoi pas le faire. C’est maintenant ou jamais, je n’ai qu’une minute pour, au moins, laisser ma signature’. J’avais envie de graver cette image à jamais dans la tête des juges, du monde du patinage et des sportifs en général. Je pensais que peut-être, le patinage aurait évolué d’une façon à voir cet élément dans un programme. » Interdit depuis 1976 après leur introduction en compétition par Terry Kubicka, le salto arrière a finalement été autorisé en juin 2024 par l’Union internationale de patinage. Un saut périlleux qui, des années après, rappelle finalement encore et toujours celui de Surya Bonaly…

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