CALENDRIER DE L’AVENT
Que deviennent-ils ? Que
deviennent-elles ?

Mardi 23 décembre – Jour 23 

À l’occasion du calendrier de l’Avent, Spot Gym vous propose de prendre des nouvelles des anciens et anciennes gymnastes qui ont raccroché les maniques. Une série de 24 interviews à découvrir chaque jour en exclusivité. Pour ce vingt-troisième jour de décembre, direction Dunkerque, dans le Nord de la France, où est installée Louise Vanhille, membre de l’équipe olympique aux Jeux de Rio en août 2016.

Elle fait partie de ces gymnastes qui ont eu la chance de participer à toutes les compétitions possibles : Jeux Olympiques, championnats du monde, championnats d’Europe, Jeux Méditerranéens, coupes du monde, tournois internationaux, Louise Vanhille a tout connu. Une carrière bien remplie qu’elle a traversée discrètement, avec toujours la même rigueur. Le même sérieux. La même envie. Alors, lorsque cette envie a commencé à s’éteindre, elle s’était dit que c’était le bon moment pour elle de raccrocher.

Et c’est en décembre 2018, quelques semaines après les championnats du monde de Doha où la France s’était classée 5ème par équipe (l’équipe était composée de Louise Vanhille, Marine Boyer, Lorette Charpy, Mélanie De Jesus Dos Santos et Juliette Bossu, NDLR), qu’elle avait annoncé sa fin de carrière. Une nouvelle qui en avait surpris plus d’un, car finalement, personne ne s’y attendait.

Mais la Dunkerquoise, alors âgée de 20 ans, avait déjà pensé à sa reconversion de son côté. Et elle était prête. Prête à tourner la page pour en ouvrir une autre, avec le Cirque du Soleil. Une décision mûrement réfléchie. « Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête », confiait-t-elle à l’époque dans une interview qu’elle nous avait accordé. « J’avais fait le tour avec la gym et je cherchais quelque chose de nouveau. Quelque chose qui me permettait de continuer à vivre de belles expériences et de toujours garder un pied dans l’artistique. Alors intégrer le Cirque du soleil était une évidence pour moi. En plus j’aime voyager, j’aime découvrir de nouvelles choses et c’est vraiment quelque chose qui m’a toujours attirée. »

C’est à ce moment-là que nous avions perdu sa trace. Depuis, les années ont passé et Louise a poursuivi son chemin. Sept ans après notre dernière interview, celle qui marquait son départ du haut niveau, elle a accepté de répondre à nos questions afin de faire le point sur sa nouvelle vie.

Spot Gym : On t’avait quittée en direction du Cirque du Soleil au début de l’année 2019, que fais-tu désormais ? 

Louise Vanhille : Je suis pompier sur Dunkerque. Retour aux sources, puisque je suis retournée m’installer sur Dunkerque.

Tu es sapeur-pompier professionnel ?

Oui c’est ça. J’ai passé le concours après le Covid. Épreuves écrites, épreuves physiques, oral, et ensuite j’ai passé un autre oral pour rentrer dans les pompiers du Nord, car j’avais envie de retourner chez moi. Mais le Nord est très grand alors je ne savais pas où j’allais atterrir… mais j’ai eu la chance d’être affectée dans une caserne sur Dunkerque.

C’est un métier que tu as toujours voulu exercer ? 

Pas spécialement. J’ai toujours dit à mes parents que je voudrais exercer un métier avec un uniforme, sans savoir lequel exactement. J’hésitais entre gendarme, douane ou pompier, et finalement le métier de pompier m’a attirée parce qu’on vient en aide à des personnes en détresse.

Quand tu as arrêté la gym, tu as intégré le Cirque du soleil, comment as-tu vécu cette expérience ? 

Je suis partie à Montréal, où j’ai intégré la compagnie du spectacle Amaluna. Tout s’est super bien passé et j’ai adoré cette expérience. Le spectacle s’est terminé au moment du confinement en France et après j’ai eu plusieurs pistes entre repartir pour un autre spectacle sur Andorre ou Las Vegas, ou passer les concours pour les pompiers. Le Pompier est devenu mon plan A, et ça s’est imposé comme une évidence. Plus sécurisant, il offrait une stabilité et une sécurité que le milieu artistique, fragilisé par la crise sanitaire, ne garantissait plus. Donc le choix s’est fait naturellement.

Le Cirque du Soleil a répondu à tes attentes ? 

Carrément oui ! C’était génial ! Je ne regrette absolument pas d’être partie. D’avoir franchi le pas. Je partais dans l’inconnu, c’était pas simple du tout quand j’étais dans l’avion. Et puis finalement, j’ai rapidement pris mes marques, j’ai très vite été bien accueillie dans le groupe, on m’a tout de suite mise à l’aise, la barrière de la langue n’a pas été un problème finalement, et tout s’est très bien passé.

Dans le spectacle, que faisais-tu ? 

J’étais sur le spectacle Amaluna, c’était un spectacle avec des Amazones. J’évoluais sur des barres, c’était de la gymnastique mais de la gymnastique plaisir. Celle où on s’amuse. Sans pression du résultat. J’ai adoré ! C’était ce dont j’avais besoin.

Après le Cirque du Soleil, quand tu es rentrée en France, as-tu repris la gymnastique ? 

Non, absolument pas. J’ai mis très longtemps avant de remettre un pied dans un gymnase, en fait je n’en avais pas forcément envie. Maintenant j’y retourne de temps en temps pour dire bonjour mais je ne suis jamais remontée sur les agrès. Le Cirque a été une très bonne transition pour arrêter complètement. Sans regret.

Tu ne fais plus de gym, mais fais-tu du sport ? En étant pompier, tu dois te maintenir en forme ? 

Oui, c’est ça. Je me suis mise à la course à pied, ce qui n’était pas du tout mon fort à la base. Et puis sinon, je fais du vélo, je me maintiens en forme.

Mais pas de sport dans un club ? Pas de sport en compétition ? 

Non, en étant pompier, c’est assez compliqué, par rapport à mon rythme de vie. Je fais des gardes de 24h, ensuite je suis off pendant 48h mais c’est vrai qu’après 24 heures de garde,  j’ai surtout envie de me reposer. Donc je fais du sport à mon rythme. Et puis je n’avais pas forcément envie de refaire du sport en compétition.

Qu’est-ce que la gym a pu t’apporter d’un point de vue professionnel ? Personnel ? 

La gym m’a apporté le dépassement de soi. Rentrer chez les pompiers, ce n’est pas forcément évident, c’est un milieu très masculin et la gym m’a aidée à avoir du caractère, à ne pas me laisser marcher sur les pieds, à m’affirmer. Et puis toutes les années dans le haut-niveau m’ont appris la rigueur aussi.

Avec le recul, quel regard portes-tu sur ta carrière de gymnaste ? 

Je suis fière de ce que j’ai fait. On peut toujours faire mieux, bien sûr, mais je garde beaucoup de positifs sur ma carrière. J’ai eu la chance de participer à de très belles compétitions.

Quel est ton meilleur souvenir de carrière ? 

Il y a les Jeux Olympiques bien sûr, mais je dirais les championnats du monde de Doha en 2018, juste avant mon arrêt. Je savais que c’était mes derniers, la compétition s’est bien passée et ça m’a permis de tourner la page sereinement pour m’ouvrir à de nouveaux horizons. Et puis c’était moi qui tournais la page, c’était ma décision, elle était réfléchie, et ce n’était pas quelqu’un qui me forçait à la tourner.

Propos recueillis par Charlotte Laroche 

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