Première Française sacrée championne d’Europe au concours général, Marine Debauve, aujourd’hui âgée de 37 ans, a longtemps incarné une gymnastique française ambitieuse, capable de se hisser au plus haut-niveau international. Pourtant, derrière les résultats, il y a aussi l’après : la sortie du “cocon”, le vide, puis les détours qui finissent par dessiner une trajectoire. Aujourd’hui, la Dijonnaise a troqué la salle pour un tout autre quotidien. Elle dirige, avec son conjoint agriculteur, une activité de transformation et de vente directe à la ferme. Entre souvenirs de haut-niveau, parenthèse tumbling, expérience au Cirque du Soleil, reconversion professionnelle et regard sur l’évolution de la discipline, elle se raconte sans filtre.

Spot Gym : Marine, depuis ta fin de carrière, les années ont passé, que deviens-tu aujourd’hui ?


Marine Debauve : En effet, les années ont filé ! Je suis directrice d’un magasin que nous avons créé avec mon conjoint, qui est agriculteur, sur Dijon. Il est céréalier et éleveur charolais. Nous avons lancé une activité de transformation de nos produits, telles que les pâtes, la farine, l’huile, les lentilles, et depuis quelques années, nous faisons aussi de la revente de produits d’autres agriculteurs et producteurs locaux.

De mon côté, je m’occupe de toute la partie administrative. Nous ne sommes que deux à gérer l’ensemble du projet, en plus de l’exploitation agricole qui est géré par mon conjoint. Nous transformons, nous préparons les commandes et nous fournissons aussi des magasins, notamment en centre-ville. Les journées sont très variées, on ne s’ennuie pas ! Surtout qu’on a aussi deux enfants en bas-âge. La plus grande a eu 3 ans en novembre et le petit a 7 mois.

De retour à Dijon donc ?

Oui, je suis revenue à Dijon, là où j’ai grandi ! Là où j’ai commencé la gym.

Comment est venue l’idée de créer un magasin ? Comment s’est construit votre projet au fil des années ?

On a commencé fin 2020, pendant le Covid. Au tout début, on conditionnait tout à la main. On ne vendait quasiment que des lentilles parce que c’était compliqué de les écouler en gros, du fait qu’on conditionnait tout à la main. Puis on s’est développé progressivement.

On a d’abord installé un petit chalet dans une grange attenante à notre ferme. Ensuite, on a créé un laboratoire aux normes pour transformer des produits secs. On a un moulin pour la farine, une presse à huile, une machine à pâtes… Le problème, c’est qu’on ne peut pas tenir une ouverture “magasin” très large, parce que la transformation prend énormément de temps. On avait donc des créneaux très courts, quelques heures par semaine. Alors on a lancé un gros chantier. On a  installé des casiers de distribution, accessibles sur de grandes amplitudes horaires et qui ne nous demandent pas d’être présents en continu. Ça a été long, entre les contraintes administratives, les permis, les prix, le contexte post-Covid, mais c’est désormais opérationnel !

Aujourd’hui, nous avons plus de 300 casiers et nous gardons aussi un espace de vente physique, ouvert le vendredi soir et le samedi matin. Les casiers, c’est très pratique, mais ce que j’aime aussi, c’est le contact. Je ne voulais pas perdre ce contact avec nos clients. Expliquer notre démarche, parler du métier de mon conjoint, du “bien manger”, vendre en direct, c’était très important pour nous de garder ce côte-là.

2025 a donc été une année très dense pour vous ?

Très dense oui ! Même un peu trop (Rires). Entre un déménagement, les travaux, les casiers, le bâtiment, et la famille qui s’est agrandie… il y avait beaucoup de projets en même temps mais c’est ce qu’on aime aussi. Mais là, ça se stabilise, tout se met en place et ça fait du bien de souffler un peu. Même si on a toujours des journées très occupées !

« Sortir du haut niveau, c’est difficile si on n’est pas bien entouré »

Revenons un peu en arrière. Le public t’a connue gymnaste, aujourd’hui tu es cheffe d’entreprise, tu as lancé une affaire avec ton conjoint, il s’est passé plusieurs années entre les deux, explique-nous comment s’est faite la transition ?

Il faut savoir que quand on sort du haut-niveau, on se retrouve souvent démuni. Quand on est gymnaste, tout est très encadré, tout est organisé, on te dit où aller, quoi faire, et quand tout s’arrête, il y a un vrai vide. On ne sait pas forcément « gérer la vraie vie ». J’ai eu la chance d’être très bien entourée, notamment par ma mère, mais malgré ça, la transition a été délicate. Il ne faut pas se le cacher, c’est une réalité. Toutes les expériences que j’ai eues après ma carrière m’ont beaucoup construites. Elles m’ont obligée à apprendre à me débrouiller, mais aussi et surtout, j’ai appris beaucoup sur moi.

Peux-tu revenir sur toutes ces années post-gym ?

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