Habitué à miser avant tout sur sa formation, le club d’Antibes s’apprête à vivre une petite révolution. Pour la première fois de son histoire, le club azuréen a fait appel à des gymnastes étrangers afin de renforcer son effectif et rester au niveau d’une concurrence qui, elle, s’appuie sur ce modèle depuis plusieurs saisons. Un virage stratégique assumé, porté par une nouvelle gouvernance, incarnée par son président Jean-Christophe Urtado.

La publication des compositions d’équipes du Top 12 a levé le voile sur une nouveauté du côté d’Antibes. Le club azuréen s’appuiera désormais sur des gymnastes étrangers afin de renforcer son effectif et rester dans la course au titre.
Déjà sacré à 32 reprises en Top 12, un record inégalé, le club antibois n’a toutefois plus soulevé le trophée depuis 2021. Deuxième en 2022 et en 2024, troisième en 2025 et quatrième en 2023, Antibes a donc choisi de réajuster sa stratégie pour tenter de renouer avec l’or, et de coller avec le modèle suivi par les autres équipes du championnat.
Mitchell Morgans comme élément déclencheur
Tout est parti d’une initiative individuelle. Celle de l’Australien Mitchell Morgans, qui a sollicité le club pour venir s’entraîner quotidiennement à Antibes. Intégré au centre Top 12, présent au quotidien dans la salle et impliqué dans la vie du club, Mitchell Morgans (33 ans), spécialiste des barres parallèles et de la barre fixe, est rapidement devenu un élément à part entière du collectif. Mais surtout, sa présence a servi de point de départ à une réflexion plus large au sein du groupe.
Face à une densité toujours plus forte dans le championnat, à la problématique des blessures et à une exigence sportive en constante hausse, les cadres de l’équipe ont eux-mêmes exprimé le besoin de renforcer l’effectif. Une parole qui a été entendue.
Antibes a alors franchi un cap, en s’attachant les services de trois grands noms de la gymnastique internationale : le philippin Carlos Yulo, le turc Adem Asil et l’italien Riccardo Villa.
D’autant que le Top 12 change lui aussi de visage. Cette saison, le format a été entièrement repensé. Exit la phase de poules en match aller/retour avec 3 agrès présentés par match, cette année, les six agrès seront désormais présentés sur chacune des rencontres. Une réforme, pas anodine, qui accentue encore l’importance de la profondeur d’effectif et de la gestion collective.
La philosophie évolue mais l’ADN ne change pas
Cette ouverture à l’international ne signe pas pour autant un reniement de l’identité du club. Antibes reste profondément attaché à son rôle de club formateur, avec plusieurs jeunes issus de la structure qui seront évidemment alignés cette saison en Top 12. La philosophie évolue, mais l’ADN demeure.
Dans ce nouveau contexte, Antibes n’a donc pas abandonné ses principes, mais a simplement ajusté ses moyens pour continuer à jouer les premiers rôles, dans une gymnastique contemporaine en constante évolution. Un club qui s’adapte, tout simplement.






