Le CIO envisage le retour à la compétition des athlètes russes et biélorusses

La russe Angelina Melnikova, championne olympique par équipes en 2021 à Tokyo, ne fait pas partie des gymnastes autorisées à concourir. Photo Serge Kanunnikov / Spot Gym

Dans une interview accordée au quotidien italien Corriere della Sera le 30 septembre, le président du Comité International Olympique, Thomas Bach, a dévoilé son objectif de permettre aux athlètes ne soutenant pas la guerre en Ukraine de reprendre la compétition.

Quelques heures seulement après l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, en février dernier, le CIO avait condamné la Russie et demandé aux fédérations internationales de ne plus organiser d’événements sportifs sur ce territoire (d’où l’annulation de certaines compétitions, comme les Championnats d’Europe de GR prévus à Moscou en mai prochain), ni d’accepter ses représentants.

Cependant, Thomas Bach considère qu’aujourd’hui une distinction entre sport et conflit devrait être faite. « La guerre n’a certainement pas été déclenchée par les athlètes russes. Ceux qui ont pris leurs distances avec le régime devraient pouvoir concourir sous un drapeau neutre » , souligne-t-il. Un avis qui risque toutefois de ne pas être suivi par les gouvernements, certains refusant tout athlète russe sur leur sol, indépendamment de l’autorisation du comité. Les enjeux politiques dépasseraient ainsi les valeurs olympiques ; les Jeux ayant été créés dans l’optique de réunir des sportifs de toutes les nations en oubliant les conflits en cours.

L’ancien fleurettiste allemand à la tête du CIO déplore cet état de fait et ne peut donc garantir le retour des athlètes russes et biélorusses dans toutes les compétitions. Une situation délicate pour l’organisation internationale car elle a fait un choix d’exclusion sur lequel il est difficile de revenir sans être taxé de faiblesse ou de complaisance envers la Russie. Mais le président du Comité International Olympique se met à la place des sportifs qui ne prennent pas parti dans le conflit  : « Notre mission de maintien de la paix vacille. Dans un tel contexte conflictuel, les athlètes russes et biélorusses en paient aujourd’hui le prix ». De même, le choix de reprendre la compétition s’ils en sont autorisés n’est peut-être pas si évident pour les sportifs exclus. En effet, l’Etat russe pourrait voir dans leur présence aux compétitions une forme de connivence avec l’Occident. Si certains n’ont jamais montré quelconque soutien à la guerre, d’autres en revanche ont ouvertement soutenu les opérations militaires, à l’image d’Ivan Kuliak par exemple, donnant alors la priorité à la patrie plutôt qu’aux rencontres internationales.

 

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