Dominick Cunningham, la nouvelle recrue irlandaise

Photo Matthias Balk / Munich2022

Dominick Cunningham, gymnaste âgé de 27 ans, né d’un père irlandais et d’une mère britannique, a concouru pour la toute première fois sous les couleurs de l’Irlande lors des championnats d’Europe 2022 de Munich. Pourtant il est né à Birmingham, en Angleterre, et c’est avec la Grande-Bretagne, son pays d’origine, qu’il a connu ses premiers succès. Retour sur les raisons de cette transition et sur sa nouvelle vie sous ses nouvelles couleurs.

Dominick Cunningham fait ses premiers pas en équipe nationale junior et participe au Festival Olympique de la Jeunesse Européenne à deux reprises, en 2011 et 2013. Il participe à ses premiers championnats européens en 2017 à Cluj-Napoca en Roumanie mais ses premiers résultats séniors tombent en 2018. Lors des Jeux du Commonwealth, il empoche l’or avec l’équipe d’Angleterre et termine troisième des qualifications au concours général en individuel et s’offre le bronze lors de la finale du saut. La même année il devient vice-champion d’Europe par équipe et champion d’Europe au sol en individuel. Il participe même à ses tout premiers championnats du monde à Doha et manque la médaille de bronze au saut pour 0.009 points.

L’année 2019 sera beaucoup plus compliquée puisqu’il se blesse grièvement à la jambe lors des championnats européens individuels en Pologne. Il lui faudra environ 5 à 6 mois pour récupérer sa mobilité. Une longue pause. Surtout en gymnastique. Il réussit tout de même à participer aux championnats du Monde à Stuttgart où la Grande-Bretagne obtient son ticket pour les Jeux Olympiques de 2020. Cependant l’arrivée du COVID, du confinement et des restrictions le freinent dans son évolution gymnique. Dominick Cunningham a des difficultés à garder la forme et à s’entraîner correctement. Une succession d’événements  qui font que le natif de Birmingham n’a plus le niveau pour faire partie de l’équipe nationale. Le 26 février 2022 la nouvelle tombe : Dominick Cunningham change de nationalité et devient irlandais. Il entre alors dans l’équipe nationale d’Irlande et participe quelques mois plus tard aux championnats d’Europe 2022 sous les couleurs de l’Irlande.

Photo Matthias Balk / Munich2022

Lors de ces championnats d’Europe, il évolue aux côtés de Rhys Mc Clenaghan, Daniel Fox, Eamon Montgomery et Ewan Mc Ateer. Lors des qualifications par équipe, il aide au mieux ses coéquipiers, le format 5/4/3 lui correspond bien et cinq de ses six notes comptent dans le total score de l’équipe. Il est donc d’une importance capitale pour sa toute nouvelle équipe, mais son niveau reste pour le moment encore trop faible pour atteindre les finales.   Individuellement, il termine à la 25ème place.

Après sa compétition aux championnats d’Europe, il s’est confié sur son changement de nationalité, sur sa compétition et sur sa mission de présentateur dernièrement lors des Jeux du Commonwealth.

Spot Gym : Vous avez évoqué le fait d’avoir apprécié votre transition, comment s’est elle passée et qu’est-ce que cela vous fait de performer sous les couleurs irlandaises ?
Dominick Cunningham :
Je m’étais mis beaucoup de pression mais la transition s’est extrêmement bien passée. J’avais besoin de performer et c’est avec la délégation irlandaise que je peux le faire. C’est un réel plaisir d’être ici avec l’équipe d’Irlande, on est venus tous ensemble et on a pris beaucoup de plaisir, on s’est amusé ! Evidemment il y a eu des erreurs de faites mais le principal est que personne ne se soit blessé. Nous avons tous les 5 un grand futur qui nous attend. La compétition nous a permis de savoir où nous en sommes actuellement car ce fut notre première compétition ensemble mais l’équipe ne cessera de s’améliorer. Je suis très heureux de faire partie de cette équipe. Je suis ici pour reprendre du plaisir à faire de la gymnastique.

Dernièrement vous avez dû vous faire opérer des cheville, comment allez-vous ?
Il m’a fallu du temps après l’opération pour ajuster mes chevilles, retrouver de la force et de la mobilité. Cela a été très difficile mentalement pour moi de ne pas faire de saut ni de sol. Aujourd’hui il est temps pour moi de me libérer de la peur, de faire de nouveaux mouvements plus simplifiés afin de faire attention. Nous avons un très bon kinésithérapeute qui prend soin de nous jour et nuit et c’est très important car on sait qu’on ne peut avoir un corps en excellente santé en pratiquant ce sport. Mais je me sens bien, je retrouve de bonnes sensations et j’espère pouvoir faire des résultats lors des prochains championnats du Monde à Liverpool et pourquoi pas m’offrir quelques finales (rires). Je suis vraiment très heureux de ma performance d’aujourd’hui.

Sentez-vous des différence entre l’équipe de Grande-Bretagne et celle d’Irlande.
J’ai croisé la délégation de la Grande-Bretagne et ils sont très heureux de me voir ici. Les gymnastes anglais savent à quel point il est compliqué de faire partie de cette équipe nationale car l’Angleterre est une grande nation de gymnastique. Certains grand gymnastes sont malheureusement chez eux car l’équipe ne peut contenir que cinq gyms. Ils savent que je mérite d’être ici, que je suis heureux. Il n’y a pas tellement de différence mais je sens que je suis plus à ma place et que je pourrai progresser encore et encore là où je suis actuellement. En Angleterre on devait revenir avec le maximum de médailles sur de grosses compétitions, il y avait une forme de pression mais en Irlande on ne part pas à la poursuite des médailles absolument.

Vous avez eu beaucoup de pépins physiques ces dernières années, avez-vous déjà pensé à arrêter ou a faire moins d’agrès ?
En Grande-Bretagne c’était compliqué car je faisais toujours les six agrès pour aider l’équipe mais mes agrès sont le sol et le saut. J’ai failli être à terre plus d’une fois mais je me relève à chaque fois et ici j’ai fait le concours général. Si mon cerveau ne me dit pas d’arrêter alors je continuerai. Je prends toujours énormément de plaisir à faire tous les agrès, même si j’ai plus de difficulté aux arçons, je continue de m’entraîner d’arrache pied afin de progresser. On peut toujours s’améliorer.

Vous étiez présentateur lors des jeux du Commonwealth il y a deux semaines, qu’est-ce qui est le plus stressant entre commenté et faire la compétition ?
Oh c’était si difficile de présenter, de très longues journées de 6h du matin jusqu’à 11h du soir. Je faisais une sieste tous les jours, c’était tellement fatiguant que j’avais besoin de ces moments seul “laissez moi tranquille et je reviendrai après plein d’énergie”. Mais j’ai réellement adoré l’expérience, peut-être une vocation pour la suite, pour le moment je profite encore de la gym, je ne suis qu’au début avec l’Irlande !

Propos recueillis par Anaïs Carlier, à Münich 

Article précédentChampionnats d’Europe : Benjamin Osberger manque le bronze aux arçons pour 6 centièmes de points
Article suivantJournal de bord d’une famille d’un gymnaste aux Championnats d’Europe de Munich : la famille Diez

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'inscrire votre commentaire !
Merci d'indiquer votre nom