Grand espoir de la gymnastique ukrainienne alors qu’elle termine troisième des Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2018 et décroche de nombreuses médailles internationales, Anastasia Bachynska s’inscrit dans la parfaite tradition ukrainienne avec une gymnastique pure et élégante. En 2022, alors qu’elle est la chef de file de son pays, la guerre éclate. Avec sa famille, elle fuit l’horreur et trouve refuge en France. Deux ans après le début de ce conflit fratricide, elle a accepté de revenir avec Spot Gym sur cette période qui a bouleversé sa vie de championne de gymnastique, mais aussi sa vie de femme et de citoyenne.

Anastasia Bachynska, médaillée de bronze aux JOJ, aux côtés de l’italienne Giorgia Villa et de la britannique Amelie Morgan en 2018. Photo Martin Rulsch, Wikimedia Commons

En compagnie de Diana Varinska, Angelina Kysla-Radivilova, et Valériia Osipova, Anastasia Bachynska fait partie de la génération qui offrait l’espoir olympique et l’envie d’y croire. En 2019, à Stuttgart, elles manquent, comme trop souvent, de réussite et échouent dans la course à la qualification pour ce qui était encore Tokyo 2020. Anastasiia pourtant forte de sa médaille de bronze aux JOJ en 2018, mais peu épargnée par les blessures, échoue à quelques dixièmes d’une qualification individuelle au profit de Diana Varinska.

En 2020, les Jeux Olympiques sont repoussés d’un an, mais les Championnats d’Europe sacrent l’équipe d’Ukraine en l’absence de nombreux pays. Cette médaille offre un nouveau souffle aux petites sœurs de Gutsu, Lysenko et Podkopayeva. En 2021, Anastasiia Bachynska montre qu’elle est dans une grande forme (3ème aux Championnats d’Europe à la poutre), alors que Diana Varinska combat le COVID, mais les critères de sélection olympiques n’évoluent pas, et c’est cette dernière qui sera olympienne dans la capitale tokioïte.

A la fin de l’année, la native de Ternopil est finaliste au sol au Championnat du Monde, elle est au sommet de son art, élégante, puissante, précise. Elle poursuit sa carrière qui pourrait l’amener à Paris, peut-être même en équipe avec la jeune génération (Lyska, Batrona, Kasianenko ou encore Lashchevska). Un rêve derrière lequel l’Ukraine court depuis 2004. Elle vit gym, elle rêve gym, elle rêve olympisme après son expérience en junior à Buenos Aires en 2018.

24 février 2022, le coup d’arrêt
Le 24 février alors que le soleil se lève sur la France, on apprend que la Russie a attaqué l’Ukraine dans la nuit. De Kyiv à Kherson le ciel ukrainien se déchire. Au Centre National de gymnastique, les équipes continuent de s’entraîner malgré les bombardements. Finalement, les féminines pourront rentrer auprès de leur famille. Anastasiia Bachynska retrouve sa ville de Ternopil, à l’ouest du pays. Ses frères et sœurs, ses parents l’attendent. Partir, en laissant les hommes pour défendre le pays, n’est pas une décision simple. Et finalement après quelques jours en famille, la maman et ses plus jeunes enfants se dirigent vers la frontière polonaise.

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